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| 19/11/2009 | 19:00 | Injustice, LA UNE

Tunis: Début du procés de Taoufik Ben Brick

La plume libre de Taoufik Ben Brick en procès à Tunis

Le bruit courait mercredi 18 novembre dans l’après-midi que le procès serait reporté au 25 ou 29 décembre, pour éviter des observateurs étrangers, dans une affaire qui met à mal les relations franco-tunisiennes

Pour la deuxième fois en neuf ans, une nouvelle « affaire Taoufik Ben Brick » met à mal les relations entre Paris et Tunis. Après le président Jacques Chirac en 2000, qui avait pris la défense du journaliste tunisien, alors en grève de la faim, les autorités françaises s’impliquent à nouveau.

La semaine dernière, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s’est dit « déçu » par les arrestations de journalistes en Tunisie, les jugeant « inutiles » alors que le président Ben Ali a été réélu avec 89,62 % des voix.

Tunis a répliqué, en rejetant toute « ingérence » extérieure. Du rarement vu dans les relations franco-tunisiennes, les gouvernements de droite et de gauche choisissant habituellement de soutenir envers et contre tout « l’ami Ben Ali ».

Une « affaire montée de toutes pièces par les autorités »

Journaliste indépendant, à la plume à la fois virulente et facétieuse contre le président tunisien, Taoufik Ben Brick devrait en principe voir son procès s’ouvrir mercredi 18 novembre à Tunis, alors qu’il est écroué depuis le 29 octobre à la prison Mornarguia à 30 kilomètres de Tunis.

Il est accusé de l’agression d’une femme dans la rue. Selon Reporters sans frontières (RSF), il s’agit d’une « affaire montée de toutes pièces par les autorités ». Taoufik risque 5 ans de prison.

Le bruit courait hier après-midi que le procès serait reporté. « Le pouvoir ne tient pas à voir débarquer en Tunisie des observateurs étrangers et préférerait reporter le procès le 25 ou le 29 décembre, jour et veille de fêtes, pour qu’il y ait le moins de publicité sur cette affaire », assurent les proches du journaliste.

Il est clair que Taoufik Ben Brick – qui fut pendant plusieurs années le correspondant de La Croix – paie pour ses articles et ses livres irrévérencieux contre le chef de l’État tunisien, qu’il a surnommé « Ben Avi », contraction de « Ben Ali et de président à vie ». Jamais l’humour, son autre arme de combat, compagne des mauvais jours ne l’a abandonné.

La présidentielle du 25 octobre a tout changé

« Ils m’ont invité à ne plus écrire sur les hommes, avait-il raconté à La Croix, j’ai alors écrit sur les animaux. Ils m’ont demandé de ne plus écrire sur les animaux, j’ai écrit sur la nature. Ils m’ont interdit d’écrire sur la nature, alors je me suis mis à écrire sur ceux qui m’interdisent d’écrire », en l’occurrence le président Ben Ali.

Depuis quelques années, le chef de l’État tunisien avait pris son parti de la plume de Taoufik. Il riait même, selon le journaliste, de ses portraits au vitriol, le considérant comme « le fou du roi ». Il était devenu d’une certaine façon intouchable.

Mais la présidentielle du 25 octobre a tout changé. La plume libre de Taoufik Ben Brick que l’on retrouvait sur les sites de plusieurs médias français n’a plus été de mise, d’autant que la presse française elle-même dans son ensemble s’est montrée très critique sur la présidentielle.

Julia FICATIER – La Croix – 18 Novembre 2009

Possible présence européenne à une comparution jeudi du Tunisien Ben Brik

La France est en discussion avec l’Union européenne sur une présence de cette organisation à une comparution jeudi en Tunisie du journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik, incarcéré pour agression sur une automobiliste, a-t-on appris mercredi au Quai d’Orsay.

« La concertation européenne se poursuit y compris sur la présence européenne à l’audience », a déclaré Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, en réponse à une question pour savoir si la France allait envoyer un observateur assister à cette comparution.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s’était dit récemment « déçu » par les arrestations de journalistes en Tunisie, les jugeant « inutiles » alors que le président Zine el Abidine Ben Ali vient d’être largement réélu.

Tunis avait répliqué en rejetant toute « ingérence » extérieure et en saississant l’Union du Maghreb arabe et l’Union africaine contre une « ingérence dans ses affaires intérieures » et des « atteintes à sa souveraineté ».

Ecroué depuis le 29 octobre, Taoufik Ben Brik est accusé de « faits de violence, outrage public aux bonnes moeurs et dégradation volontaire des biens d’autrui ».

Pour ses avocats et des organisations de défense des Droits de l’homme, l’incarcération du journaliste est directement liée à des articles virulents dans la presse française contre le régime du président Zine el Abidine Ben Ali, publiés avant la dernière élection présidentielle. (AFP- 18 Novembre 2009)

Taoufik Ben Brik, plume trop libre pour Tunis

Le procès du journaliste tunisien, incarcéré depuis fin octobre, doit commencer ce jeudi. Accusé d’avoir agressé une femme, il serait en réalité puni pour avoir signé des articles trop virulents à l’égard du régime tunisien, selon les défenseurs de la liberté de la presse.

En Tunisie, les journalistes sont priés de ne pas parler de ce qui fâche. Taoufik Ben Brik l’apprendra à ses dépens lors de ses débuts au quotidien gouvernemental La Presse, dans les années 1990: il y sera censuré, pour la première fois, à la suite d’un article sur des sangliers contraints par la sécheresse de s’approcher des zones habitées à la recherche d’un point d’eau… Après cette première expérience, il travaille pour le journal La Croix et de l’agence Syfia.

Plume indépendante et courageuse, opposant déclaré au régime, il décide, le 3 avril 2000, d’entamer une grève de la faim pour protester contre les brimades dont il est l’objet. Son jeûne se prolongera 42 jours. Jusqu’à ce que la France s’en mêle et obtienne des autorités tunisiennes qu’elles lui rendent son passeport afin qu’il puisse être admis dans un hôpital parisien. Dès qu’il le peut, il regagne Tunis où il continue de critiquer le régime, avec la même ironie.

Sa couverture de l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, pour des médias français en ligne, déplaît tout particulièrement au régime. Quatre jours après le scrutin, dans la soirée du 30 octobre, le journaliste dissident est arrêté par la police à la suite d’une plainte déposée par une femme qui affirme qu’il l’a agressée lors d’un incident survenu le 22 octobre. Un coup monté, de toute évidence…

Ben Brik est incarcéré dans un pénitencier situé à une trentaine de kilomètres de la capitale. Son procès doit avoir lieu jeudi 19 novembre devant le tribunal de commerce de Tunis.

Par Dominique Lagarde, L’EXPRESS le 18 Novembre 2009

Procès Ben Brik : La Tunisie refoule un avocat marocain

Le pouvoir tunisien continue de bafouer les droits humains et de se montrer déterminé, à jamais, à verrouiller le champ des libertés.

En effet, Mohamed Hassani Idrissi, avocat marocain et militant des droits de l’homme, membre du réseau d’avocats du Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du Nord (WGFENA), a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Tunis ce Mercredi 18 novembre 2009, en provenance de Casablanca.

Contacté par Le Matin, à son arrivée à l’aéroport Mohamed V de Casablanca, Maître Hassani a déclaré que les autorités tunisiennes n’ont fourni aucune explication à son refoulement.

Maître Hassani était envoyé par le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du Nord pour prendre, en compagnie des ces collègues tunisiens, la défense des journalistes Taoufik Benbrik et de Zoheir Makhlouf, dans leurs procès prévus respectivement les 19 et 24 novembre.

Le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du Nord (WGFENA), a exprimé, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, sa profonde indignation devant cette interdiction de circulation non justifiée visant à empêcher toute observation extérieure des procès. Ce manque de transparence nuit à la confiance qu’on peut placer en l’objectivité de la justice tunisienne.

Le WGFENA dénonce également la solidarité des régimes politiques contre l’action des défenseurs des droits de l’homme dans l’espace maghrébin.

A. Haizer – Le Matin (Algérie) le 18 Novembre, 2009

Création d’un comité international pour la libération de Taoufik Ben Brik

« En tant que citoyens amis du peuple tunisien, nous nous proposons donc d’agir avec le monde associatif, avec les autorités des pays de bonne volonté et avec toutes les personnalités intéressées afin de convaincre le chef de l’État tunisien de la nécessité impérieuse de relâcher l’écrivain et journaliste qui fait honneur à la Tunisie.

Pour ce faire, nous constituons, ce 17 novembre 2009, le Comité international pour la libération de Taoufik Ben Brik, qui sera dissous automatiquement lorsque celui-ci aura été libéré et rétabli dans tous ses droits. »

Signataires :* Gilles Perrault, écrivain. (Contact au 02 33 71 58 13)* Ariane Mnouchkine, comédienne.* François Gèze, éditeur.* Jean-François Juillard, militant associatif (RSF-Paris)* Noël Mamère, député.* Éric Sottas, militant associatif. (OMCT-Genève)* Hélène Cixous, écrivain.* Hélène Flautre, députée européenne.

« La Croix » défend l’engagement du journaliste Taoufik Ben Brick

Jeudi 19 novembre – mais le procès sera peut-être reporté – devrait comparaître devant la justice, à Tunis, un journaliste, Taoufik Ben Brick, qui fut pendant plusieurs années correspondant de La Croix. Il est de ces hommes incontrôlables et indomptables qui dérangent les autorités : critique et virulent, dans ses articles, ses livres, ses interviews, il a fait du président Ben Ali sa cible principale.

Il a été arrêté et incarcéré le 29 octobre pour une « agression » contre une automobiliste qui ressemble à un coup monté. Plus que cette affaire, c’est bien son engagement politique et l’écho qu’il peut avoir en France qui devraient être « jugés ».

Pour sa liberté de parole, sa liberté de critique

Les autorités européennes et le gouvernement français se sont émus de son arrestation et Bernard Kouchner a rompu pour l’occasion avec l’habituelle discrétion diplomatique sur le respect des droits de l’homme en Tunisie.

Avec les associations de défense des droits de l’homme, avec ses confrères journalistes, La Croix espère que Taoufik Ben Brick ne paiera pas le prix fort pour sa liberté de parole, sa liberté de critique. La liberté de la presse.

Dominique QUINIO – La Croix – 18 Novembre 2009

Manifestation de soutien pour les journalistes tunisiens à Paris

Reporters sans frontières, avec Solidarité Maghreb et la CRLDHT, demande la libération du journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik et du journaliste en ligne Zouhaïer Makhlouf. Aujourd’hui, 18 novembre 2009, veille de l’ouverture du procès de Taoufik Ben Brik à Tunis, un rassemblement a été organisé devant les bureaux de l’office du tourisme de Tunisie à Paris, puis devant l’Opéra Garnier à 17h.

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